Dix ans de réflexions et d’actions autour des questions écopolitiques et environnementales à l’Université de Bourgogne Europe
Atelier « Penser les transitions »
Organisation : François Jarrige (LIR3S – UR 7366 UBE)
Entrée libre et gratuite,
dans la limite des places disponibles.
Présentation
Initié à l’automne 2016 au sein du laboratoire LIR3S, l’Atelier « Penser les transitions » est né à un moment où la « transition » devenait le mot d’ordre reconnu et admis des politiques publiques, dans le sillage du développement durable. Il a réuni des chercheurs et des chercheuses de l’université de Bourgogne, de l’INRAE, de l’Institut Agro Dijon et de l’IRTESS, des acteurices engagé.es dans une pratique de l’écologie politique qui ne se retrouvaient pas, au regard des urgences écologiques, dans ce qui ne leur apparaissait être que la poursuite sous un autre label d’un greenwashing généralisé.
Son projet était alors d’ouvrir la « boîte noire » du vocabulaire de la transition pour en révéler cette ambiguïté fondamentale et montrer combien elle est au service d’une pensée édulcorée, dépolitisée et au final impuissante de l’écologie. Au-delà de cette nécessaire et salutaire approche faisant valoir et encourageant la force critique des sciences sociales face aux urgences écologiques, l’Atelier s’est attaché, sous couvert de dérouler les occurrences variées de la notion de transition, à penser le possible, c’est-à-dire penser ce que pourrait être une transition vers un autre monde, un monde qui ne serait plus sous emprise capitaliste, extractiviste et techniciste.
Cette double dimension critique et spéculative s’est affermie au fil de rencontres, de séminaires, de journées d’études, de tribunes de soutien à des expériences de défense de lieux alternatifs et fait toute l’originalité de notre atelier. Elle s’est ainsi concrétisée dans la création d’un Vocabulaire critique et spéculatif des transitions, publication au fil de l’eau qui veut montrer l’importance des mots, les enjeux de leurs usages et de leurs appropriations, au premier rang desquels celui de transition. Au tournant des années 2020, l’Atelier a suivi le déplacement du débat vers les conflits socio-environnementaux, soutenant des luttes locales et dans le même temps, son initiative a rencontré celles des « Atecopol », ateliers d’écologie politique initiés à Toulouse, Paris ou Marseille, constitués en réseau au sein du monde universitaire et de la recherche et dans lequel il s’inscrit. En dix ans, l’Atelier a cherché à aller au-delà d’une écologie consensuelle, centrée sur l’adaptation technique, pour interroger ce que serait une écologie politique sensibles aux interdépendances du vivant autant qu’attentive aux inégalités sociales et aux rapports de domination.
Cette séance propose de revenir sur cette expérience, de présenter quelques mots clés traités dans le Vocabulaire et de tracer quelques pistes pour la suite dans un climat social, politique et environnemental des plus troublés et des plus incertains.
Interventions
- Lucie Dupré (INRAE, CESAER),
- François Jarrige (UBE, LIR3S),
- Yannick Sancébé (INRAE, CESAER),
- Jean-Louis Tornatore (UBE, LIR3S)