Journées d’études [seconde édition]
Organisation : Ange Pottin (LIR3S UR 7366 UBE)
[Journées portées par le LIR3S et la MSH Dijon, financées par la Chaire « Le fonds Bruno Latour », avec des membres du comité scientifique du Fonds Bruno Latour]
Entrée libre, sans inscription et gratuite,
dans la limite des places disponibles.
Présentation
L’œuvre de Bruno Latour continue de nourrir les controverses après la disparition de son auteur. Du côté des opposants, on lui reproche d’avoir dilué la « nature » dans une ontologie constructiviste et une épistémologie relativiste, d’avoir gommé les asymétries de pouvoir, d’avoir soutenu un projet religieux implicite. Du côté des défenseurs, on voit en lui une figure intellectuelle majeure du tournant des XXe et XXIe siècles, qui ouvrit la voie à un dépassement de l’ontologie des « modernes » et à un renouvellement intellectuel de l’écologie, au croisement de la philosophie et des sciences sociales.
En entrant dans l’œuvre par Aramis ou l’amour des techniques, on fait un pas de côté par rapport à ces débats qui risquent parfois de tourner au jeu de posture entre caricaturistes et hagiographes, et on ouvre une porte dérobée sur l’héritage intellectuel de Bruno Latour. En effet, Aramis (1992), qui a été publié à la même époque que Nous n’avons jamais été modernes (1991), ne reçoit pour le moins pas le même genre d’attention : si ce texte sur un métro mort-né, issu d’un rapport remis à la RATP, peut faire référence en STS comme un cas paradigmatique d’enquête sociotechnique, on y voit beaucoup moins souvent un lieu d’élaboration des thèses fondamentales de Latour. Au contraire, nous pouvons faire un double pari : (i) entrer par Aramis permet de mettre en lumière des aspects nodaux de l’œuvre de Latour, au croisement de l’ontologie des objets, de la méthode d’enquête et du statut de l’innovation technique ; (ii) entrer par les archives permet d’observer Latour en action, dans l’élaboration de ses arguments et aux prises avec la réception de l’œuvre dans diverses arènes et avec les questionnements que soulevèrent ses thèses au tournant des années 1980-1990.
Programme
Lundi 8 juin
- 8h30 – Accueil des participants et mot d’introduction
- 9h-12h – Consultation du fonds Latour via le portail numérique,
[salle des formations. (Effectif limité)]
- 13h30-17h30 – Discussion
[salle des séminaires]
Interventions de :
Marie ALAUZEN, sociologue, (CNRS, LAMSADE)
Valentin DENIS, philosophe, (EHESS, LIER)
Lucie FABRY, philosophe, (Université Bourgogne Europe, LIR3S)
Claire LE RENARD, sociologue, (Ecole des Ponts ParisTech, LATTS)
Jan MARŠÁLEK, philosophe, (Académie des Sciences tchèque)
Mardi 9 juin
8h30 – Accueil des participants
- 9h-12h – Consultation du fonds Latour via le portail numérique,
[salle des formations. (Effectif limité)]
- 13h30-17h30 – Discussion,
[salle des séminaires]
Interventions de :
Pierre-Yves CONDÉ (Université Bourgogne Europe, CREDESPO)
Jérôme DENIS, sociologue, (Ecole des Mines ParisTech, CSI)
Anne-Sophie HAERINGER, sociologue, (Université Lyon 2, Centre Max Weber)
François JARRIGE, historien, (Université Bourgogne Europe, LIR3S)
Ange POTTIN, philosophe, (Université Bourgogne Europe, LIR3S)