Journée d’études « Actualité des études de genre »
Organisation : Lucile Girard, Maud Navarre, Brice Nocenti et Georges Ubbiali (LIR3S – UR 7366 UBE)
Entrée libre, sans inscription et gratuite,
dans la limite des places disponibles.
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Les fascismes de l’entre-deux-guerres furent résolument masculinistes : qu’il s’agisse de l’Allemagne hitlérienne, de l’Italie mussolinienne ou de la France de Vichy, l’extrême droite n’a jamais considéré « la femme » comme un sujet capable de penser et d’agir par lui-même, la reléguant à un ordre naturel et domestique. Ce discours a longtemps fait l’unanimité dans l’extrême droite française et européenne : suprématie de l’homme, exacerbation de la virilité, mépris du droit des femmes à disposer de leur corps, combat contre l’avortement, opposition aux mouvements féministes. Mais cette configuration frontalement antiféministe, aujourd’hui ravivée par les mouvements masculinistes et l’intégrisme catholique médiatique, coexiste désormais avec des formes plus complexes d’instrumentalisation, voire d’acceptation tacite de certaines conquêtes du mouvement des femmes (l’accès au salariat, par exemple, vécu sur le mode de l’évidence). Des femmes accèdent à la direction des partis, comme Marine Le Pen, Giorgia Meloni, Alice Weidel, Marion Maréchal ou Sarah Knafo. Un discours nouveau émerge, se réclamant de la défense des droits des femmes, sous la forme d’un « fémonationalisme » (Sara Farris, Magali Della Sudda) qui instrumentalise la lutte contre les violences de genre pour stigmatiser les populations racisées et les pays musulmans, tout en minimisant les violences des agresseurs blancs et en maintenant des positions différentialistes. Comment analyser ces déplacements ? Quels rôles jouent réellement les femmes dans l’extrême droite contemporaine prise dans sa diversité (RN, Reconquête…) ? Quels facteurs expliquent la progression – ou la résistance – du vote féminin ? Comment la parlementarisation a-t-elle ouvert des espaces militants féminins, et pour quelle division genrée du travail ? Que reste-t-il de la stratégie de « dédiabolisation » là où une rhétorique patriarcale décomplexée, ouvertement opposée à l’IVG, fait son retour ?
Programme
8h45 – Accueil des participant·es
- 9h15 – 10h15 – Conférence introductive
Charlène Calderaro : Genre et extrême-droite : vers un renouvellement transnational des mobilisations féminines ?
10h15 – 10h30 – Pause
10h30 -12h – Mobilisations discursives de la violence par les femmes d’extrême-droite
- Delphine Dupré : Égéries, combattantes et protectrices : les représentations de la violence chez les femmes de droite
- Maud Diego : Vocation patriotique et virilité féminine : représentations et rôles des femmes dans les discours et les stratégies de la nouvelle extrême-droite espagnole de Vox
12h-13h30 – Pause déjeuner
13h30 – 15h – Division du travail militant et rôles de genre dans les mouvements d’extrême-droite
- Emmanuel Casajus : Tenir la librairie, planquer les armes : nécessaire et invisible, le rôle des femmes dans un groupuscule d’extrême-droite
- Mégane Erbani : De l’engagement dans des rôles de genre au militantisme de droite : une enquête de terrain auprès des militantes de La Manif pour tous
15h-15h15 : Pause
15h15 – 16h45 – Engagements ordinaires et trajectoires politiques
- Elsa Penalba : Je ne suis pas particulièrement féministe, mais… : adhésion, styles de féminité et (anti)féminismes des nouvelles électrices ordinaires du RN
- Estelle Bourgeois : Devenir une femme politique d’extrême-droite : logiques de genre et injonctions contradictoires ?