Journée d’études
[Dans le cadre du séminaire « Ateliers sur l’histoire du Communisme » (2025-2026)]
Organisation : Louise Bur Palmieri, univ. Paris-1 Panthéon Sorbonne/CHS ; Marco Di Maggio, univ. Sapienza (Rome) ; Jean-Numa Ducange, univ. Rouen/GRHis ; Pierre-Henri Lagedamon, univ. Rouen/GRHis ; Elisa Marcobelli, univ. Rouen/GRHis ; Roger Martelli ; Guillaume Roubaud-Quashie, univ. Bourgogne Europe/LIR3S – UR 7366 UBE ; Jean Vigreux, univ. Bourgogne Europe/LIR3S – UR 7366 UBE ; Serge Wolikow, Bourgogne Europe/LIR3S – UR 7366 UBE.
Partenariat avec la MSH de Dijon, le Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches « Sociétés, Sensibilités, Soin (LIR3S) de l’Université Bourgogne Europe, le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS) de l’Université Paris 1, l’Universita Sapienza Roma et le Groupe de Recherche d’Histoire (GRHis) de l’Université de Rouen.
Présentation du séminaire
Ce séminaire sur l’histoire du communisme se propose de traiter sous la forme de séances thématiques la question de l’insertion du PCF dans la société et le système politique français, dans la longue durée. Il a également l’ambition, dans le prolongement du programme Paprik@2F, de traiter l’articulation entre histoire globale et histoire nationale du communisme.
Calendrier des séances de la saison 2025/2026 [Programme provisoire]
- Une histoire mondiale des Fronts populaires. Introduction historiographique
26 septembre 2025, 14h-17h, MSH de Dijon – Université Bourgogne Europe (Dijon)
- Les Internationales ouvrières et l’enjeu du Front populaire
7 novembre 2025, Fondation Gabriel-Péri (Pantin)
- Les oubliées du Front populaire ?
12 décembre 2025, au Campus Condorcet
- Journée d’étude sur le Front populaire hors d’Europe
23 janvier 2026, au Campus Condorcet
- Le Front populaire à l’échelle locale : construire et consolider une assise communiste municipale et locale
6 février 2026, Fondation Gabriel-Péri (Pantin)
- Sociaux-démocrates, communistes et Front populaire en Autriche
10 avril 2026, Université de Rouen
Présentation de la journée d’études
«Ainsi, par rapport à la solution du problème du front prolétarien et du Front populaire, on ne peut fournir des recettes universelles pour tous les cas de la vie, pour tous les pays et pour tous les peuples. L’universalisme dans ces choses là, l’application des seules et mêmes recettes à tous les pays, équivaudrait, permettez moi de vous le dire, à l’ignorance. Or, l’ignorance, nous devons la frapper même et surtout lorsqu’elle se manifeste sous l’enveloppe de schémas universels» (extrait du discours de Georges Dimitrov au VIIe congrès de l’Internationale communiste en conclusion aux débats après son rapport : Pour l’unité de la classe ouvrière contre le fascisme, 13 août 1935).
Cette formulation du dirigeant de l’Internationale communiste, Georges Dimitrov, peut être lue à travers plusieurs niveaux : à la fois celui de l’internationalisme mis à l’épreuve du national, mais aussi dans les enjeux liés à la construction du socialisme en URSS, sans négliger les cultures politiques nationales, voire les événements conflictuels du moment en Chine ou en Afrique.
Outre les pays qui ont connu un gouvernement de gauche se réclamant explicitement du Front populaire (l’Espagne, la France et le Chili), il est utile de procéder à un décloisonnement du regard, intégrant une approche élargie à l’échelle planétaire, et de penser la globalisation d’un phénomène. S’inscrivant alors dans une «perspective mondiale», mais renouant aussi avec l’internationalisme du mouvement ouvrier, il est utile de dépasser le «compartimentage national» des recherches historiques, pour saisir au mieux le moment Front populaire qui traverse les frontières étatiques, avec sa manifestation la plus connue, celle des Brigades internationales venues combattre en Espagne aux côtés de la République et du Front populaire, mais aussi, celle moins connue des volontaires nationaux aux côtés de Franco. L’alliance formée par l’Allemagne hitlérienne et l’Italie fasciste à la suite de l’accord du 23 octobre 1936, nommée «Axe Rome-Berlin» matérialise également cette histoire, tout comme le pacte signé un mois plus tard (25 novembre 1936), le pacte anti-Komintern, entre l’Allemagne nazie et l’Empire japonais, rejoints ensuite par l’Italie fasciste et la Hongrie de l’amiral Horthy, puis l’Espagne franquiste. Dans ce contexte singulier, cette séance du séminaire portera son regard hors d’Europe.
Intervenants
- Introduction de Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Bourgogne Europe
- Mobiliser pour l’Ethiopie : le SRI,
Corentin Lahu, historien et archiviste à la Fédération CGT de la Métallurgie. - Le Front populaire en Afrique,
Gabriele Siracusano, post-doc à la Scuola Normale Superiore de Pise, s’occupe des espaces, relations et imaginaires du communisme français et italien en Afrique de l’Ouest (sous réserve) - Le Front populaire au Maghreb,
Eloïse Dreure, docteure en histoire de l’Université de Bourgogne - Le Mexique de Cardenas dans le Front populaire,
Romain Robinet, maître de conférences à l’Université d’Angers - Le Front patriotique chinois : un front populaire ?,
Serge Wolikow, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, président du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri. - Conclusions de Gilles Richard, historien et président de la Société française d’histoire politique.